
Delphine et Corentin cherchent un sens à leurs vies
Je (Delphine) suis originaire d’un village à côté de Lyon. J’ai toujours été captivée par le vivant qui nous entoure, et, curieuse de comprendre comment tout ça fonctionnait, je me suis lancée dans des études de biologie et d’écologie. J’ai adoré ce que j’y ai appris, et en quelques années j’ai fait le plein d’expériences de terrain incroyables : moineaux, mésanges, faucons, puffins, manchots… (oui, j’ai un faible pour les oiseaux)
Moi, (Corentin), suis Breton ! Je viens de Lanester, petite ville adjacente à Lorient dans le Morbihan. J’ai la chance d’avoir eu des grands-parents vivant à la campagne, aussi mon enfance a-t-elle été bercée de chasses (qui n’est d’ailleurs pas un terme bien approprié…) aux champignons, d’égrainage d’épis de maïs et d’imitations de chants de rouge-gorges. Mais il fallut grandir, et j’avais la bosse des maths (et des sciences en général), je me suis donc laissé porter par le long fleuve tranquille que furent mes études et atterris en école d’ingénieurs. On y apprend dès le premier jour que lorsque nous serons diplômés, nous serons solvables à « pas moins de 38K par an et 95% d’embauche à la sortie », ce qui, pour quelqu’un qui ne savait pas où le mèneraient ses études, avait au moins le mérite d’être rassurant (du moins c’est ce que je croyais…)
Nos trajectoires, si éloignées l’une de l’autre, se sont rencontrées aux confins de l’hémisphère sud : en Antarctique. Une ornithologue et un instrumentaliste au pays des manchots ! On y a passé plus d’un an, lors d’un hivernage sur la base française de Dumont d’Urville. Quatorze mois coupés de la société, passés à s’éblouir de tout ce qui nous entoure, à vivre avec les éléments, à construire une communauté de 24 personnes à partir de rien. C’est peu dire qu’on en revient… différent ! Loin de l’étreinte étouffante de notre société occidentale, nous avons eu le temps et le recul nécessaires pour percevoir la direction globale que prend l’humanité. L’atterrissage est rude. Impossible de reprendre le train en marche, comme si de rien n’était, comme si cette expérience n’avait été qu’une parenthèse, une ellipse temporelle dans une vie déjà toute tracée.

A force de se refuser d’exister dans ce monde qui n’avait plus de sens pour nous, l’alternative nous est apparue comme une évidence : retrouver notre autonomie perdue. Dans cette société qui se vante d’être hyper-connectée, nous avons plutôt le sentiment d’être totalement déconnectés. Déconnectés des personnes qui nous nourrissent, des réalités cachées derrière notre addiction à un confort superficiel. Déconnectés du reste du monde qui subit les conséquences de notre consommation effrénée.
Alors on change. On décide de brûler du kérosène une dernière fois pour s’éloigner de tout ce qui nous était familier, et de découvrir de nouveaux horizons : on part au Québec faire du Wwoofing pendant six mois dans des fermes maraîchères à l’opposée de l’agriculture conventionnelle actuelle. Nous y découvrons la cueillette sauvage, la transformation des aliments (notamment la lacto-fermentation !), mille et une plantes et saveurs jusque là inconnues. Nous y apprenons surtout le maître mot d’un tel mode de vie : la débrouille. Ce fameux bon sens paysan dont l’écho paraît aujourd’hui bien lointain.

Delphine et Corentin trouvent un sens à leurs vies !
On atterrit en France avec cette fois un objectif clair en tête : créer notre propre micro-ferme, construire de la résilience locale et développer une oasis de biodiversité. On veut également documenter tout ça, afin d’aider les personnes qui voudraient mettre en perspective leur modes de vie actuels, découvrir des outils et artisanats manuels qui se font rares, ou tout simplement suivre nos folles aventures en dehors des sentiers battus !
Si jamais notre expérience en Antarctique vous intéresse, je (Corentin) vous invite à consulter le blog que j’ai tenu lors de mon hivernage à Dumont d’Urville, ici !
