Fabrication d’un étui en cuir pour hache

Pour des raisons évidentes de sécurité, et afin de conserver le tranchant d’une lame plus longtemps, cette dernière devrait être constamment protégée lorsque l’outil n’est pas à l’œuvre. L’acquisition d’une ancienne hache d’abattage « Talabot 17 » est l’occasion rêvée de vous introduire à un des artisanats que nous développons actuellement : le travail du cuir.

Ami(e)s néophytes, le but de cet article n’est pas de vous apprendre à utiliser chacun des outils énumérés ci-dessous, mais plutôt de vous présenter les différentes étapes de conception d’un objet simple et vous initier à cet artisanat peu coûteux et abordable, et pourquoi pas faire naître des vocations !

Avant-propos

Par soucis d’éthique, nous avons fait le choix de n’acheter que des chutes de cuir, « déchets » de découpes devenues trop petits pour être utilisées dans l’industrie. Nous récupérons également d’immenses quantités de cuir en découpant les canapés mis aux ordures, valorisant ainsi ce qui aurait autrement été un gâchis sans nom !

Le patron

La première étape consiste à dessiner puis découper un patron. Afin d’avoir les deux faces de l’étui symétriques, une feuille A4 pliée au milieu de sa longueur est toute indiquée. Pour un étui de hache, on vient calquer le fer de celle-ci, avant de réaliser un deuxième tracé plus large, en y ajoutant un bon centimètre de chaque côté : l’extrémité du fer étant évasée, il faut lui laisser la place nécessaire pour pouvoir l’enfiler !

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Après l’avoir découpé, on déplie notre patron que l’on vient apposer à la pièce de cuir voulue, côte « fleur » (l’extérieur de la peau). Selon la qualité du patron (papier, plastique, bois), on préférera ou non tracer la découpe à effectuer sur le cuir au préalable.

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Feuille A4 trop petite, ou hache trop grande ? J’ai dû rallonger le patron initial directement sur le cuir

On procède ensuite à la découpe, qui peut être effectuée avec un couteau à lame rétractable, en effectuant plusieurs passages successifs jusqu’à obtenir une coupe bien nette. On viendra au passage couper une seconde pièce de cuir qui viendra épaissir l’extrémité de notre étui, permettant au tranchant de la hache de s’appuyer dessus plutôt que sur la couture, qui ne ferait pas long feu !

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On utilise ensuite une rainette, qui possède deux usages ici : elle creuse un sillon dans le cuir pour « noyer » le fil de couture afin de le protéger des frottements. Elle permet également de creuser une rainure décorative, comme effectué ci-dessous.

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Rainure décorative à la rainette

Le sillon de couture effectué, on vient faire nos trous de couture à l’aide d’une griffe à frapper. Pour cela, il suffit simplement (mais fermement) de frapper la griffe à l’aide d’un maillet afin de trouer le cuir, en prenant une attention particulière à suivre le sillon de couture.

Avant de percer les trous de couture, j’ai collé la seconde pièce de cuir à un des côtés, afin de percer deux épaisseurs de cuir d’un coup de d’aligner les trous ! Une colle à bois standard fonctionne à la perfection sur le cuir, et prendra très rapidement.

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Griffe à frapper 4 points

Afin de casser l’arête du cuir et de rendre les bords plus arrondis, on utilise enfin un abat-carré. On peut désormais coller les deux faces ensemble.

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Arrondissement des arêtes à l’abat-carré

Si vous manipulez du cuir tanné végétal (dont le procédé de tannage utilise des tanins végétaux comme le chêne ou le châtaigner), il est possible de teinter votre cuir afin d’obtenir une couleur plus esthétique.

Nous utilisons ici une teinture à l’huile couleur acajou. Celle-ci est appliquée à l’aide d’un petit tampon à teinture. Afin de fixer la teinture et d’éviter qu’elle déteigne, il faut ensuite utiliser un fixateur acrylique. Enfin, il est possible de venir « patiner » le cuir afin de lui donner un aspect plus naturel et antique en utilisant une patine !

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Une fois l’étui bien sec, il est temps de s’attaquer à la couture ! La couture du cuir la plus solide est uniquement réalisable à la main et s’appelle le point-sellier. Elle est réalisée en nouant une aiguille à chaque extrémité d’un même fil, on vient ensuite croiser chaque aiguille dans un trou , ce qui permet une tension de couture optimale. Le fil utilisé est du lin poissé.

La couture point-sellier nécessite d’avoir ses deux mains libres, un valet de couture est indispensable pour tenir fermement la pièce de cuir à coudre ! Une fois la couture terminée, on vient la marteler à l’aide d’un marteau (à panne ronde pour ne pas marquer le cuir) afin de la sceller durablement dans le sillon de couture et de refermer dans une certaine mesure les trous de couture.

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La couture point-sellier : une activité méditative !

Afin de sceller les différentes épaisseurs de cuir ensemble, on utilise un brunissoir, un simple morceau de bois avec des rainures de différents diamètres, dans lesquels on va venir frotter la tranche du cuir, après y avoir placé de la cire d’abeille. La friction va générer de la chaleur et étaler la cire d’abeille uniformément le long de la tranche.

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Le résultat est ici probant, mais pas parfait !

L’étui est presque fini, il ne reste plus qu’à percer deux trous de chaque côté à l’aide d’une pince emporte pièce « revolver »  et d’y glisser un lacet de cuir (de canapé, cette fois) noué aux extrémités afin de maintenir l’étui plaqué contre le tranchant.

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Voilà un étui qui durera, on l’espère, une génération ou plus. Si vous avez besoin de conseils pour démarrer l’apprentissage du travail du cuir, n’hésitez pas à nous contacter, on vous répondra avec plaisir !

Et si jamais vous avez besoin d’un étui pour votre hache / hachette / couteau, on peut également le faire pour vous 😉

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